La Clé du camp, conte de dark fantasy de Jérémie Lebrunet
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La Clé du camp (pdf, epub + mobi)

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Vendu 3 en 1 : formats pdf, epub et mobi
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Titre : La Clé du camp
Auteur : Jérémie Lebrunet
Éditeur : autoédition
Année : 2016
Nombre de pages de l'édition imprimée : 62 pages
Formats : pdf (35 pages), epub (450 Ko) et mobi (1 130 Ko) dans une archive zip
Genre : nouvelle de dark fantasy
Taille : 7 000 mots = 30 minutes de lecture

Description

Elsa, treize ans, et son petit frère Isaac sont séparés de leur mère à la descente du train, lorsqu’ils arrivent au camp des Ogres. Dans leur dortoir, ils rencontrent Gilbert, un petit gitan plein de ressources. Ressources d’autant plus précieuses que des camions viennent livrer aux Ogres de mystérieux produits…


Conte de dark fantasy d'environ 7 000 mots = 30 minutes de lecture.
À la fin de la nouvelle, vous serez invité en coulisses pour découvrir le processus de création de ce texte !
Extrait ci-dessous ou à télécharger en pdf.

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EXTRAIT

Le train nous avait déposés sur un quai en béton où soufflait un vent froid. J’étais transie. Quelques lampadaires épars et les torches des Ogres perçaient la nuit, jetant des ombres folles parmi la foule. Des ombres que l’on pouvait facilement confondre avec les oiseaux noirs qui nous survolaient en un va-et-vient inquiétant, finissant leur trajectoire sur les épaules des Ogres.
Ma mère tenait la main d’Isaac, mon petit frère encore ensommeillé, et me répétait toutes les cinq secondes de rester près d’elle. J’avais fini par me dégager car elle me broyait les doigts.
— Z’veux mon lit, réclama Isaac.
— Elsa, ne t’éloigne surtout pas ! glapit ma mère en ignorant mon cadet.
La panique perçait dans sa voix, tandis qu’elle essayait de m’agripper l’épaule. Mais je me tenais à distance, le cœur battant, attentive à ce qui se passait autour de nous. Les Ogres aboyaient des ordres pour diriger la masse des prisonniers vers une place ceinturée de hauts grillages surmontés de barbelés. Des chiens enragés agressant un troupeau ne s’y seraient pas pris autrement. L’infâme drapeau flottait en haut d’un mât, déployé par le vent et aisément reconnaissable, malgré l’obscurité, à son poignard rouge sur fond gris. Un oiseau noir traversa l’espace pour aller se jucher en tête du mât.
Lorsque tout le monde fut rassemblé en rangs et que les gravillons eurent cessé de crisser sous nos chaussures, un silence lourd comme la mort s’abattit sur la place. Quelques cris très lointains nous parvinrent, avant qu’une déflagration ne retentisse. Puis, plus un bruit.
Face à nous s’étirait une rangée d’Ogres dans leurs manteaux de cuir noir, torches à la main. Les canines du bas dépassant de leurs lèvres conféraient un air cruel à leur sourire. Je m’étais toujours dit que même s’ils avaient voulu paraître gentils, ils n’y seraient pas parvenus.

Un Ogre plus grand que les autres sortit d’un baraquement à notre gauche et marcha lentement jusqu’au pied du mât. Il se tourna face à nous en faisant claquer les talons de ses lourdes bottes, avant de brandir son poing griffu. Ce à quoi les autres Ogres répondirent à l’unisson par un unique rugissement qui nous vrilla les tympans :
— WERCK !
L’oiseau noir en haut du mât lâcha un croassement sinistre qui résonna à travers la place redevenue silencieuse.
 

* * *

 
— Tu sais lire ?! s’exclama une petite d’à peine cinq ans au teint blafard.
Avec sa manche, elle essuya la morve qui perlait de son nez. Autour de moi, une troupe de gamins dépenaillés ouvraient de grands yeux en attendant ma réponse. Je jetai un regard inquiet par la fenêtre du dortoir glacial, avant de hausser les épaules :
— Ben oui… Avant qu’on nous amène ici, j’étais en cinquième.
La plupart des autres enfants avaient entre quatre et sept ans. Depuis que les Ogres avaient emmené Rachel une semaine plus tôt, j’étais la plus vieille du bâtiment 2B. Pour la première fois de ma vie, j’étais contente d’être chétive pour mon âge : autrement, j’aurais fini avec les adultes.
Une petite main gelée se glissa dans la mienne. Je baissai la tête pour découvrir mon frère qui me souriait faiblement, l’air de dire : « Je peux ? » Bien sûr qu’il pouvait ; je lui fis une place à mes côtés.
Isaac se hissa sur la pointe des pieds pour tenter de voir par la fenêtre, mais il était trop petit : ses yeux arrivaient au niveau de la dernière planche sous le carreau. Toutefois, je ne voulais pas le soulever, il n’avait pas besoin de voir ce spectacle nocturne et de s’inquiéter. Préserver encore un peu son innocence ne pouvait pas lui faire de mal.
— Y’a quoi dehors ? Z’vois rien.
— Eh ben, imagine que tu vois à travers le bois ! lui dis-je, un brin moqueuse.
— Ça se peut pas…
— Mais si, c’est comme les fées : suffit d’y croire pour que ça devienne vrai.
Il me prit au mot et fixa le mur de planches, la langue tirée de concentration.
— Alors Elsa, c’est écrit quoi ? demanda un gitan roux prénommé Gilbert.
Je dirigeai de nouveau mon regard dehors, plissant les yeux pour scruter l’inscription qui figurait sur chacune des caisses que deux Ogres déchargeaient d’un camion à la lueur des phares. Ça ne m’inspirait rien de bon qu’ils les rentrent dans le baraquement où ils emmenaient tous les jours des prisonniers qui ne revenaient jamais.
Se découpant dans le ciel étoilé, les hautes cheminées du bâtiment crachaient sans discontinuer un panache de fumée grise. J’en avais conclu – sans rien dire à aucun autre gamin, bien évidemment – qu’il s’agissait de grands fourneaux où les Ogres cuisinaient les gens par cargaison entière, afin de nourrir leur garnison d’affamés. Les carcasses devaient aller aux oiseaux noirs.
— C’est écrit…
J’hésitais à énoncer à voix haute les mots qui confirmaient mes craintes.
— C’est écrit : « Bibliothèque municipale ». Sûrement un prêt de livres pour que les Ogres aient tous de quoi lire.
C’était la seule chose qui m’était venue pour éviter de prononcer « sauce barbecue ».
— Tu mens, glapit Gilbert. Le premier mot, c’est pas « bibiothèque » : i’ commence pas par un B, i’ commence par un S !
Zut, en quelle classe pouvait-il être ? Il m’avait pourtant dit que lui et sa famille avaient beaucoup circulé dans le pays avant d’être arrêtés. Bien qu’en âge d’être en CE1, il n’avait pas pu avoir une scolarité très suivie… Je ne me démontai pas pour autant :
— Oui, mais c’est parce que c’est écrit en anglais, ils inversent les mots. Regarde, c’est le deuxième qui commence par un B. Je vous ai fait la traduction.
Gilbert hocha la tête. Devant mon érudition, le silence se fit parmi le groupe de gamins.
J’emmenai Isaac vers son lit pour qu’il se repose un peu. On viendrait nous chercher tôt demain matin pour travailler à la fabrique de munitions. Une fois que je l’eus bordé, mon petit frère demanda en bâillant :
— Dis, tu crois que les Ogres, on leur lit des histoires avant qu’i’ font dodo ?
— Oui, lui répondis-je, amusée malgré moi. Je parie que le commandant passe dans tous les baraquements pour leur raconter les aventures du Petit Poucet.
Les yeux de mon frère s’illuminèrent à l’évocation de son histoire préférée. Puis il prit un air sérieux pour me chuchoter :
— Elsa, z’crois pas que le commandant i’ va leur lire cette histoire, pasque c’était pas des livres dans les caisses. C’était des bouteilles de zus marron.
— Tu dis n’importe quoi, tu n’arrivais même pas à voir par la fenêtre…
Je lui souris en lui caressant les cheveux, sans toutefois réussir à réprimer le frisson que fit monter en moi la vision de toutes ces caisses de sauce, annonciatrices d’un grand banquet imminent.

FIN DE L’EXTRAIT

 

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Crédits photo de la couverture : Andrew Horne (domaine public), modifiée par Jérémie Lebrunet.

ISBN du format pdf : 979-10-92703-26-9
ISBN du format epub : 979-10-92703-27-6
ISBN du format mobi : 979-10-92703-28-3
ISBN du format papier : 979-10-92703-29-0

 

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